Souffrance d'un Cancer mortel : un témoignage de foi

Monastère Invisible de Charité et de Fraternité - groupe de prière à domicile

Un chemin douloureux transfiguré par la lumière

Quand vous allez bien et que la vie vous sourit, vous êtes heureux et vous vous sentez maître de votre destin. Puis, soudainement, on vous diagnostique un mal implacable et vous précipitez dans un tunnel plein de douleur et de désespoir. Voici l'histoire de comment la prière a su illuminer ces ténèbres.

👉 PriezAVEC NOUS

La nouvelle

Vous ne vous sentez pas préparé à cette terrible épreuve, à cause de la frayeur qui vous coupe le souffle, du découragement, du début d'une lente agonie. La morsure du cancer et le corps qui se prépare à mourir... puis la lumière arrive. Les épreuves m'ont révélé la profondeur et le vrai sens de la vie.

Il manquait deux jours avant Noël, pour moi le plus beau jour de l'année, quand on m'a diagnostiqué une redoutable tumeur maligne au sein. Le monde s'écroulait sur moi : soudainement toutes les certitudes, les joies, chaque perspective d'avenir s'étaient dissoutes comme neige au soleil. En l'espace de quelques instants, je me suis retrouvée dans les ténèbres les plus obscures, l'angoisse s'était emparée de mon esprit et bloquait tout raisonnement et pensée, et la peur alimentait le désespoir. Je ne savais pas à quoi me raccrocher, quoi faire, je restai stupéfaite et perdue. Inconsciemment, j'ai cherché le livret de prière du Monastère Invisible de Charité et de Fraternité et je me suis mise à prier. En même temps, j'ai cherché votre aide, chers frères, pour adresser à Jésus mon cri de supplication afin de trouver le courage et la force d'affronter ce que je considérais comme la dernière épreuve de ma vie.

L'Hôpital

Depuis toute petite, j'avais toujours eu peur de l'environnement hospitalier, maintenant je devais surmonter cette peur aussi et, à chaque rendez-vous, une angoisse à me couper le souffle me saisissait. Les moments difficiles alternaient avec des moments de calme et ceux-ci, j'en suis sûre, étaient dus à la puissance de la prière ; les personnes les plus proches de moi m'offraient aussi leur aide.

Quand j'ai parlé à Corrado de mon problème, nous sommes restés au téléphone pendant très longtemps. Il m'a transmis paix, sérénité et même la joie de pouvoir offrir au Seigneur cette grande souffrance. Cet appel téléphonique fut le début d'une longue série et grâce à lui, même les moments les plus sombres me sont devenus supportables. Combien de fois j'ai remercié Jésus d'avoir mis Corrado à mes côtés, signe tangible de l'aide qu'Il m'offrait.

Parfois j'étais assaillie par la peur d'avoir tellement déplu à Jésus pour mériter une si grande épreuve ; j'ai passé beaucoup de temps à examiner toute ma vie passée, pour trouver un fait qui aurait pu attrister Jésus. Quelle sotte j'ai été ! Jésus nous aime tellement qu'Il nous corrige parfois, mais j'ai compris cela après : j'ai compris que je devais m'abandonner à Sa volonté parce que Lui seul pouvait être ma force.

Première intervention Chirurgicale

Pour l'intervention chirurgicale, voici que refont surface les peurs, les doutes et l'inconnu de ce que j'allais ressentir, ainsi que le résultat de l'intervention. L'anxiété avait pris le dessus et je ne pouvais plus vivre parce que j'avais peur, pourtant j'avais l'espoir que Jésus continuerait à m'aider ; je revivais ma vie passée faite de craintes.

La gravité du diagnostic m'avait plongée dans une inquiétante apathie et plus rien ne suscitait d'intérêt. Tout ce qui auparavant me réjouissait ne provoquait maintenant aucune émotion en moi, je ne voyais devant moi que l'obscurité et j'éprouvais une sensation de profonde angoisse qui semblait ne pas avoir de limites.

L'attente m'exaspérait et personne n'arrivait à donner des réponses à mes demandes d'éclaircissement. L'humanité hurlait ses faiblesses et c'est seulement alors que j'ai expérimenté ma fragilité. Au moment du désespoir le plus sombre, une étrange force m'a poussée à me tourner vers Dieu et à implorer Son aide, et dans la prière j'ai trouvé une lueur d'espoir et le courage d'aller de l'avant. Je me suis rendu compte que la première bataille à gagner était contre mon humanité qui criait à travers chaque pore son infini désespoir et, sans l'aide de Dieu, je n'aurais pas pu y arriver.

Retour à la maison

On m'a communiqué le résultat de l'intervention chirurgicale : la dangereuse tumeur n'avait pas été entièrement retirée et pour cette raison une autre intervention chirurgicale s'imposait. Le monde s'est écroulé sur moi une seconde fois. L'esprit n'arrivait pas à comprendre ce qui se passait : quelle affliction ! Le néant s'était emparé de mon âme et je ne voyais plus aucun avenir, je n'arrivais plus à contenir l'humain qui hurlait ses peurs et ses souffrances.

C'était une tumeur très grosse et agressive qui, en l'espace de quatre mois, avait atteint la taille de cinq centimètres. Et dire que seulement quatre mois auparavant je m'étais soumise à un contrôle, mais la tumeur n'avait pas été détectée !

La docteure qui me suivait, en attendant l'intervention chirurgicale suivante, a décidé de commencer immédiatement le traitement : en considération de mon jeune âge et de la taille de la tumeur, elle m'en a prescrit un très fort.

La Chimiothérapie

Ainsi a commencé pour moi une période vraiment dramatique. La chimiothérapie m'anéantissait : en plus de m'ôter toute force physique, elle me détruisait l'esprit. Ce n'était plus moi ! Le vide était autour de moi, je n'arrivais plus à voir de sortie. Quelle angoisse de me voir ainsi changée ! Et une autre peur avait fait irruption dans ma vie, celle de ne plus savoir aimer. Je ne ressentais plus aucune émotion, aucun stimulus, c'était comme si une partie de mon cerveau était bloquée, mais l'autre comprenait et voyait ce changement auquel personne ne m'avait préparée, et tout semblait encore plus terrible. Combien j'ai pleuré ! C'est seulement en Jésus que j'ai trouvé la force de me raccrocher à l'espoir que tout finirait, tôt ou tard.

Les quatre premières chimiothérapies devaient m'être administrées à l'hôpital à trois semaines d'intervalle l'une de l'autre, tandis que les huit autres, j'aurais pu les faire en hôpital de jour.

Mars

Le traitement était si long qu'il me semblait interminable. En mars, je suis entrée à l'hôpital pour la première fois et l'angoisse m'a provoqué une sensation de nausée : la peur de l'inconnu me faisait battre le cœur si fort que je le sentais pulser dans mon cou.

Je voyais autour de moi tant de souffrance : des personnes au regard éteint et triste, rendues désormais épuisées par des traitements dévastateurs qui s'étaient prolongés dans le temps.

Mon regard s'est tourné vers un mur où j'ai aperçu la croix de Jésus. Il semblait qu'Il me parlait et voulait me dire : "Vois combien Moi aussi J'ai souffert !". Il avait souffert pour moi aussi et j'ai pensé que je pourrais faire quelque chose pour Jésus : je Lui ai demandé ce que j'aurais encore à affronter.

Après sept heures, ma première perfusion de médicaments s'est terminée et la fatigue était si forte que je n'arrivais pas à me tenir debout. De retour à la maison, j'ai cru mourir, j'ai éprouvé une nausée terrible comme jamais auparavant, des douleurs aiguës au dos et aux articulations : je ne me tenais plus et la peur, avec toutes ses conséquences, a refait surface.

Longue période de souffrance

Ce fut le début d'une longue période de souffrance parce que le médicament, en plus d'affaiblir le corps, avait frappé mon esprit : ce n'était plus moi, le vide régnait à l'intérieur et autour de moi, aucune émotion ne me stimulait plus. J'avais l'impression d'être une personne complètement différente de ce que j'étais, j'avais perdu cette espièglerie qui faisait partie de mon caractère. La prière est devenue ma seule et puissante alliée, pour combattre mon humanité avec ses peurs et ses faiblesses, et pour donner vigueur à mon âme. Les hospitalisations suivantes se sont présentées avec les mêmes problématiques et, à chaque retour à la maison, les conséquences du traitement étaient toujours pires.

Réaction allergique

Après la deuxième chimiothérapie, à cause d'une réaction allergique, une myriade de cloques sont apparues sur mon visage : elles sont restées pendant très longtemps, même après avoir arrêté le médicament qui me les avait procurées, et à chaque mouvement du visage elles m'infligeaient une autre douleur.

Mes défenses immunitaires étaient très basses et je vivais dans la terreur d'être agressée par un virus, événement qui s'est malheureusement produit et je me suis vue obligée de courir aux urgences à cause d'une forte fièvre.

Sur le trajet vers l'hôpital, j'ai prié pour demander de l'aide à Jésus et en même temps j'ai pris contact avec Corrado qui a prié pour moi. Je suis restée aux urgences en attente du résultat des analyses. Avec une joie immense, j'ai appris du médecin que mes valeurs étaient rentrées dans la norme : cela signifiait que je pouvais rentrer à la maison, l'hospitalisation n'était pas nécessaire. J'ai remercié Jésus, j'étais certaine que c'était Son œuvre pour m'éviter une souffrance supplémentaire.

Le traitement continue

La fatigue était de plus en plus forte et je me rendais compte que mon corps était en train de mourir de l'intérieur. Avec effroi, j'ai commencé à réaliser que je n'avais pas assez de forces pour supporter un traitement aussi dévastateur dont la seule pensée me coupait le souffle. La nausée ne me laissait aucun répit et était si forte que l'estomac semblait détruit et m'empêchait de me nourrir ; de plus elle me procurait des douleurs qui duraient des heures et ne me permettaient même pas de récupérer des forces avec la nourriture.

Une nuit, après la troisième thérapie, je me suis levée du lit toute en sueur, épuisée et très faible, de sorte que je suis tombée par terre évanouie. J'ai appelé le médecin, il m'a dit que j'avais eu un blocage intestinal, provoqué par les médicaments anti-nauséeux.

J'ai supplié Jésus par la prière d'accourir à mon secours et Lui ne m'a jamais déçue.

Cycle de chimiothérapie légère

On m'a informée que le nouveau cycle de chimiothérapie serait plus léger ; j'ai pensé que le pire était désormais derrière moi et l'espoir commençait à se frayer un chemin. Je me suis trompée, car j'ai bientôt expérimenté qu'à cause de mon état d'épuisement, j'étais obligée de rester au lit presque toute la journée. Six mois s'étaient écoulés, maintenant il me manquait toute énergie vitale et la volonté de lutter. Dans cette prostration, j'ai reçu la nouvelle que même la deuxième intervention n'avait pas été définitive. Il n'y a pas de mots pour décrire l'immense découragement : je devais être encore opérée ! J'ai sombré dans une affliction sans bornes, tandis que les ténèbres m'enveloppaient pour un tourment qui me semblait sans fin. J'avais épuisé toutes mes larmes, mais je me suis raccrochée de tout mon être à la force de la prière, avec la certitude que tant de frères m'aidaient à supplier Jésus. Je ne sais pas où j'aurais trouvé les énergies sans Jésus.

Encore une intervention chirurgicale

J'ai ainsi affronté la troisième intervention chirurgicale avec un espoir de plus : j'avais expérimenté la force immense de la prière et je pouvais espérer être désormais arrivée à la fin de ma lente agonie. Pendant l'hospitalisation, j'ai eu la perception que Jésus était à mes côtés et qu'Il m'insufflait du courage. Les premiers jours post-opératoires ont été de souffrance, mais ma reprise a été tellement rapide qu'elle a stupéfié les médecins, qui m'ont fait sortir de l'hôpital avec même deux jours d'avance.

Épilogue

J'ai beaucoup réfléchi sur mes peurs passées et sur comment la souffrance m'a changée : les épreuves m'ont révélé la profondeur et le vrai sens de la vie, et plus encore j'ai découvert l'essence de l'Amour de Dieu, pour la façon dont Il m'a soutenue dans les moments sombres. J'ai compris que la seule chose importante dans la vie est l'amour, tant celui qu'on arrive à donner que celui qu'on reçoit des personnes, tandis que tout le reste ne peut que troubler la sérénité du vivre quotidien. L'effet le plus terrible du traitement a été son incidence sur l'esprit : il en a altéré le rythme, la nature et m'a provoqué un tel sens du néant, du vide et des ténèbres, au point de me rendre incapable de communiquer une expérience aussi dramatique. Dans l'incompréhension, je me sentais humainement et terriblement seule.

La souffrance a brisé l'humanité qui hurlait son désespoir et j'ai dû supporter un dur combat entre l'affliction et l'exigence de l'âme, qui m'invitait à me confier par la prière à Jésus.

Le secours reçu de Jésus a été merveilleux, obtenu à travers ma prière et celle de tant de frères : sans vous, je me serais inexorablement rendue à la maladie. Maintenant que j'ai surmonté le défi, je n'éprouve que de la joie et un sens de liberté, unis à la certitude que je ne serai plus jamais seule, parce que j'aurai toujours Jésus dans mon cœur.

Je désire de toute la force que j'ai dans le cœur vous remercier tous, frères du Monastère Invisible de Charité et de Fraternité, parce qu'à travers vous le Seigneur a accueilli mes supplications. Maintenant je peux crier toute ma joie : je me sens renaître tant dans le corps que dans l'âme, je n'oublierai jamais que vous m'avez permis, à travers vos prières, de surmonter la nuit la plus longue de ma vie.

Un immense merci à Corrado, qui a été le signe le plus grand et le plus tangible de l'amour de Jésus.

— Costanza